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Gestion du stress

Au-delà d’outils d'audit, de diagnostic et de mesure du stress et de la qualité de vie au travail (voir outil de diagnostic) qui permettent aux sociétés d'identifier les principales sources de difficultés au travail, AXIS MUNDI a mis au point des protocoles d'accompagnements de la gestion du stress pour les personnes.

L'accompagnement de l'individu ou de groupes de personnes met en avant l'identification du stress et de ses conséquences, et propose des techniques de remédiation et de contrôle du stress pour une amélioration de l'état psychologique durable de la personne. Schématiquement, on peut distinguer les principaux objectifs suivants :

  • Définition, nature et mesure du stress
  • Identification des sources et conséquences du stress
  • Mise en place de stratégies et de techniques de gestion du stress (relaxation, affirmation de soi, approche comportementale et cognitive, etc.)
  • Entraînement et pratique de la gestion du stress (comportements de santé)


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Extrait de : Mieux vivre en entreprise, 2ème édition, Dunod, 2010
Auteurs : P. Amar, P. Angel, M-J. Gava, B. Vaudolon


" La plupart des nombreuses études consacrées à l'évaluation du stress et à ses conséquences signalent la prévalence en augmentation du phénomène et ses conséquences sur le bien-être des salariés, qu'elles soient directes (maladie, absentéisme, conflits, accidents du travail, rotation élevée du personnel, etc.) ou indirectes (perte de motivation dégradation du climat social, baisse de l'engagement, détérioration de la qualité et de la productivité). Le terme de stress est progressivement devenu un concept étendard qui incarne souvent, de façon générique et indifférenciée, des difficultés et un mal-être au travail. Intégré dans le langage quotidien, il sert à désigner une souffrance vécue au travail. La difficulté de lui assigner une définition précise et, paradoxalement, la banalisation du terme, compromettent souvent la réflexion sur les mesures correctives à entreprendre. La France est en retard sur les pays anglo-saxons et l'Europe du Nord qui font du stress un objet d'étude et de préoccupation (avec, dans certains pays, le développement d'une jurisprudence) : elle ne reconnaît le stress ni comme maladie professionnelle ni comme cause directe d'arrêt du travail même si officieusement, il semble à l'origine d'une part significative des arrêts de travail. Pour autant ce n'est pas un mal français : l'Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail a suggéré en 2002 qu'un salarié européen sur 3 était affecté par le stress au travail. Par ailleurs, selon une étude de la Commission européenne Emploi et affaires sociales de Juillet 2002, « le stress lié au travail entraînerait en Europe un préjudice d'au moins 20 milliards d'euros par an en temps de travail perdu et en coût de santé ».

Historique et définition

Les recherches sur le stress au travail ont été l'une des grandes contributions de la psychopathologie du travail. Le terme de stress, de l'anglais signifiant « contrainte, effort, tension » (qui semble venir de l'ancien français qui a donné « détresse ») apparaît progressivement, notamment autour de l'hypothèse que des causes non physiques pourraient contribuer à certaines maladies biologiques ou de l'idée que certaines maladies apparaissent comme la réponse d'individus succombant à des contraintes extérieures trop fortes. La notion de stress, empruntée au domaine de la construction, renvoie à la charge, la contrainte qu'un pont ou une structure peut supporter sans s'écrouler ou rompre. Le corps est ainsi comparé à une machine soumise à des pressions qui menacent son intégrité. Les travaux menés par notamment W. Cannon et H. Selye puis plus récemment par Lazarus ou Karasek ont permis des avancées déterminantes sur cette notion de stress. L'accent mis initialement sur les agents environnementaux pathogènes (traumatisme, virus, facteurs toxiques) comme causes déterminantes de dérèglements physiologiques s'est progressivement déplacé vers une perspective plus holistique où sont mises en avant les caractéristiques bio-psycho-sociales de résistance de l'individu face à son environnement.

Les premiers travaux insistent ainsi sur les maladies qui se manifestent quand un agent ou une situation menace l'intégrité d'un organisme ; dans cette perspective situationnelle, elles sont considérées comme des maladies de l'adaptation. Le « père » du stress moderne, Selye (1907-1982), le définit « comme une réponse de l'organisme en vue de s'adapter à toute demande de son environnement » ; ainsi le stress est-il une réaction d'adaptation qui est naturelle mais potentiellement source de dérèglement si elle est trop intense ou fréquente. Selye identifie le rôle que joue le système endocrinien dans la réponse au stress et conceptualise le Syndrome d'adaptation générale (1956). Face à un stimulus stressant, l'organisme réagit en trois phases :

  • une réaction d'alarme, phase de choc qui s'accompagne de changements biochimiques (libération d'hormones qui augmentent la fréquence cardiaque, la tension artérielle, les niveaux de vigilance, etc.) permettant une mobilisation instantanée des ressources pour une adaptation performante (essentiellement un choix entre le combat ou la fuite, « fight » ou « flight »);
  • une seconde phase de résistance qui représente une adaptation plus durable à la situation (avec libération de glucocorticoïdes qui augmentent le taux de sucre dans le sang pour un regain d'énergie);
  • si la situation de stress se prolonge, l'organisme peut se trouver débordé. Survient alors une phase d'épuisement pendant laquelle les mécanismes d'adaptation cèdent devant les demandes de l'environnement (la production d'hormones devient excédentaire et nuisible à l'organisme).

Pour Selye, le sujet qui a épuisé son potentiel de défense général dans la maladie ne peut plus résister à l'action de l'agent pathogène. Les modèles suivants, et notamment ceux qui se situent dans le champ de la psychologie de la santé (années 1980) vont davantage s'intéresser à l'interaction entre l'individu avec ses caractéristiques physiologiques, psychologiques et sociales et son environnement. Le comportement face au stress et à la maladie dépend ainsi d'un ensemble de facteurs qui comprend des stresseurs-déclencheurs (événements de vie, traumatismes) mais aussi les antécédents sociaux et biologiques, les caractéristiques psychologiques de la personne qui sont médiatisées par des éléments tels la perception qu'elle a du stress et de son contrôle ou le soutien social à disposition et déterminent ainsi la capacité de résistance du sujet (« coping »). Ressources du sujet et perception de la situation sont ici très importantes. Dans cette perspective transactionnelle, le modèle de Lazarus (1984) définit le stress comme un déséquilibre entre les demandes de l'environnement et les ressources de l'individu : dans une évaluation primaire de la situation à laquelle il est soumis, l'individu la perçoit comme un défi ou une menace ; dans une évaluation secondaire, il recense les ressources potentiellement disponibles. Le diagnostic que la personne fait de la situation et la perception des ressources mobilisables jouent ici un rôle déterminant, quel que soit l'événement. Un certain nombre de modèles sur le stress suggèrent que le stress pathogène est lié à la concomitance entre une forte pression externe et un faible sentiment de contrôle de la situation. Karasek (1979) a ainsi particulièrement insisté sur l'importance et l'interaction de deux dimensions différentes de la santé au travail, à savoir les exigences de la tâche et le degré de contrôle ou la latitude décisionnelle de la personne. La combinaison d'un fort degré d'exigence et d'une faible autonomie sur la façon d'accomplir le travail conduit à un fort niveau de stress perçu et de la souffrance au travail. En revanche, une forte autonomie dans la façon de déployer ses compétences et dans l'organisation de son travail est bénéfique et permet de diminuer, même sous des contraintes fortes, la tension au travail. Karasek a noté l'importance d'une troisième dimension qui est le soutien social (technique et émotionnel) offert par les collègues et la hiérarchie sur le lieu de travail.

Au-delà des spécificités de chaque modèle, les approches sur le stress au travail font intervenir trois types de composantes : les facteurs de stress ou stresseurs; la personne et sa gestion de ces situations problématiques ; les conséquences observables du stress d'où dérivent des propositions de prévention.

Facteurs de stress

Alors que le stress lié à l'environnement physique a bénéficié des progrès liés à la plus grande maîtrise de ces risques, le stress d'origine psychosociale s'est accru en liaison avec les nouveaux modes de production et d'organisation, et leurs enjeux. Par ailleurs, ces stresseurs apparaissent rarement de façon isolée ; ils se combinent le plus souvent avec des effets synergétiques qui amplifient la souffrance au travail. La perception que l'individu a de ces stimuli est essentielle ainsi que ses capacités de contrôle et de gestion ou de « coping » dans l'évaluation du désordre que ces facteurs de stress sont susceptibles d'occasionner.

Conséquences du stress

Les symptômes du stress signent l'échec de l'adaptation d'un organisme aux stimuli nocifs. L'individu y répond par des réactions variées qui peuvent se décliner sur les plans physiologique et émotionnel, psychologique et comportemental. Au niveau physiologique, le stress peut faire naître des maux de tête, des coliques, des douleurs musculaires et articulaires, des troubles du sommeil, de l'appétit, de la digestion ; des sensations d'essoufflement ou d'oppressions, des sueurs, des maladies de peau, des maladies coronariennes ou cardio-vasculaires. Au niveau émotionnel, il peut entraîner des crises de larmes, des angoisses, de la nervosité ou de l'excitation, de la tristesse, des sensations diffuses de mal-être. Au niveau psychologique, le stress peut occasionner irritabilité, perte de confiance en soi, baisse de la motivation, perte de la capacité de concentration, de la créativité. Enfin , au niveau comportemental, le stress peut déboucher sur une agressivité et une hostilité accrue, un isolement social, une modification des conduites alimentaires, des conduites addictives avec une prise accrue d'alcool, de tabac, de caféine, de médicaments (somnifères, anxiolytiques), etc.

Prévention et gestion du stress

Les mesures de prévention visent à la fois à diminuer les sources de stress et à augmenter le niveau de contrôle et de tolérance du stress inévitable. La prévention et la gestion du stress au niveau organisationnel peuvent ainsi se faire à trois niveaux :

  • Une prévention primaire qui consiste en des modifications visant à réduire l'action de certains stresseurs en modifiant l'environnement, les contraintes et les relations au travail. Les actions possibles incluent : l'aménagement de l'environnement matériel avec une action sur l'espace de travail, le matériel et les nuisances physiques ; une amélioration de l'organisation du travail qui évite les surcharges, favorise les horaires variables, laisse une plus grande autonomie dans l'accomplissement des tâches ; une amélioration des relations au travail avec une clarification dans la définition des postes et des rôles de chacun, la fixation d'objectifs spécifiques, le développement du soutien social et de l'esprit d'équipe, un management participatif, des procédures d'évaluation transparentes, etc.
  • Une prévention secondaire vise à modifier la manière dont les individus et les organisations réagissent aux facteurs de stress pour en limiter les effets. Il s'agit ici de programmes de gestion individuelle qui associent une information sur les sources et les effets du stress et une formation pour aider les individus à changer leur réaction et leurs réponses aux stresseurs inévitables à partir de plusieurs techniques : relaxation, exercices respiratoires, un entraînement à une meilleure hygiène de vie (forme physique, nutrition, etc.) ; enfin :
  • Un troisième tertiaire, thérapeutique qui vise les salariés en difficulté et souffrant de problèmes de santé. Le conseil psychologique et la psychothérapie, destinés aux individus, aux groupes et aux organisations, incluent des programmes centrés sur les symptômes de dysfonctionnement (alcoolisme, drogue, cigarette, obésité), de mal-être plus diffus (anxiété, dépression), des situations de crise (violences, conflits, suicide sur le lieu de travail). Le format peut être sous forme de psychothérapie individuelle ou collective.

La mise en place de programmes de gestion préventive du stress inclut typiquement quatre étapes : le diagnostic du stress dans l'organisation, la planification des moyens de prévention, l'action au niveau de l'organisation puis au niveau de l'individu. Elle demande une cohérence dans les principes d'organisation du travail, les ressources de l'organisation et la communication mise en œuvre."